Chantier arrachage de la jussie
Ecrevisse de Louisian

Explication de l’étude-action VITAL :

Au regard de l’ampleur du phénomène et de l’impact des espèces envahissantes (EE) sur les milieux et la biodiversité, et des questionnements que leur gestion soulève, nous proposons de mener une étude-action participative pour une valorisation de ces espèces dans l’alimentation locale. Ce projet se nomme VITAL (Valorisation des Invasives par la Transformation Alimentaire Locale).

Nous souhaitons que la lutte contre les espèces envahissantes s’inscrive dans une stratégie globale de gestion et de transition agroécologique et alimentaire territoriale.

Le projet est porté en partenariat par la Capéchade et l’Adena

De nombreuses questions sont soulevées : 

Est-il possible de préserver nos espaces naturels tout en enrichissant la gastronomie locale ?  Pouvons-nous co-construire un système alimentaire qui s’adapte aux contraintes de la ressource EE locale en évitant une dépendance des acteurs économiques ? Comment favoriser la participation de tous (acteurs, gestionnaires, professionnels et consommateurs) ? Comment sensibiliser et impliquer ces acteurs à l’enjeu de régulation des espèces envahissantes ?  Comment ces ressources vont être reçues par les consommateurs ?

… Pour y répondre, une seule solution : Mettre tout le monde autour de la table (scientifiques, acteurs environnementaux et socio-économiques du territoire, collectivités locales, consommateurs et services d’état) !

Le projet a débuté en mars 2024 pour 22 mois.

1/ Réaliser un état des lieux et réunir l’ensemble des acteurs à associer, pour faire le choix des espèces à étudier. 

Ce choix tient compte des enjeux locaux (pression sur les milieux, présence ou risques à anticiper, possibilité de transformation alimentaire, etc).

2/ Mise en place des protocoles d’expérimentations, du prélèvement à la dégustation, pour permettre la mesure de différentes données et indicateurs qui seront analysés au cours de l’étude.

L’ expérimentation consiste à réaliser les différents protocoles:

  • Protocole de prélèvement des espèces pour lequel nous associerons les gestionnaires, les professionnels des filières locales et les associations environnementales.
  • Protocole de transformation, lors duquel nous travaillerons sur des recettes avec des chefs et des restaurateurs locaux , sur la base des espèces étudiées.
  • Protocole de dégustation, pour lequel nous organiserons des ateliers de dégustation et des événements invitant consommateurs et professionnels du territoire ( artisans, restaurateurs, producteurs).

3/ Analyser les résultats d’expérimentation et mesurer la faisabilité technique, économique et sociale, en tenant compte des points de vigilances soulignés par les experts techniques et scientifiques, mais aussi des indicateurs soulevés par la communauté. 

4/ Capitaliser les résultats pour proposer un modèle d’étude action participative de valorisation des EE dans l’alimentation locale, pouvant être répliqué à d’autres territoires et d’autres espèces.

Enfin, nous travaillerons à une présentation pédagogique des résultats de l’étude et des différents protocoles, afin de la diffuser très largement et auprès du plus grand nombre. Un kit de l’étude sera également réalisé et proposera un guide, les protocoles, des recettes. Plusieurs événements de restitution sont organisés pour présenter l’étude et les outils de médiations réalisés localement, régionalement et nationalement, afin de favoriser l’enrichissement continu de cette étude en favorisant sa réplicabilité sur d’autres territoires et d’autres espèces.

Ici prochainement, retrouvez les résultats et outils de médiation.

Afin de déterminer une large panel d’indicateurs à mesurer, nous menons plusieurs actions de médiations permettant d’identifier les enjeux, mais aussi les freins et les leviers à cette valorisation des espèces envahissantes; qu’il s’agisse des points de vigilance à la capture, en passant par la question du transport et de la transformation, mais aussi sur la question purement gustatives. Pour cela, nous organiserons des événements publics, des tables rondes, des visites et des ateliers (lien vers ateliers dégustation autres).

Ici prochainement, retrouvez les résultats et outils de médiation.

Qu’est-ce qu’on observe ?

Parmi les nombreuses espèces présentes sur notre territoire, 5 ont particulièrement attiré notre attention par leur qualité gustative, leurs menaces écologiques et la possibilité d’atteindre une diminution voire éradication de leurs effectifs.

Griffe de sorcière (Carpobrotus edulis et Carpobrotus acinaciformis)

Cette plante envahissante peut causer des déséquilibres écologiques significatifs en étouffant la végétation locale et en modifiant les caractéristiques du sol. En cueillant les fruits, nous diminuons le risque de dissémination de graines (entre 1000 et 1800 par fruit !)

Lieu : Le littoral, sur des sols sableux (dunes et arrière-dunes) ou rocheux (falaises et rochers)

Période :

  • Fruit : Fructification entre mai et septembre
  • Feuille : Toute l’année

Le fruit, mucilagineux et en forme de figue, qui cru a un goût de kiwi et cuit un goût de prune.

Les feuilles, astringentes crues mais semblables au thé vert

Composition :

  • Pour le fruit : sucres naturels (glucose et fructose), fibres, flavonoïdes, caroténoïdes, …
  • Pour la feuille : minéraux, composés phénoliques, mucilages et acides gras

De nombreux bienfaits y sont associés :

Propriétés antioxydantes, soutien digestif, effet anti-inflammatoire, propriétés antimicrobiennes, hydratation et apaisement (en application cutanée)

La griffe de sorcière est étudiée et nous réserve encore de nombreuses surprises qui attendent d’être découvertes par la recherche !

+ d’infos ici

Olivier de Bohême (Elaeagnus angustifolia)

Il participe à la fermeture accélérée de milieux naturels dont certains sont patrimoniaux (prés salés, prairies humides, dunes). Il peut alors former des populations monospécifiques denses, concurrençant la végétation indigène et modifiant les propriétés du sol.

Principalement dans les zones riveraines, sur des sols alluviaux et sableux, souvent le long des cours d’eau et des zones humides.

Les fruits, jaune-orange, de forme ovale et de saveur douceâtre

Fructification entre août et octobre

Composition du fruit :

Sucres naturels (fructose et glucose), fibres alimentaires, vitamine C, minéraux (Potassium, Magnésium, Calcium), flavonoïdes (quercétine, kaempférol), alcaloïdes, tannins, acides aminés essentiels

De nombreux bienfaits y sont associés :

Antioxydant, anti-inflammatoire, soutien digestif, soutien cardiovasculaire, propriétés antimicrobiennes, soutien au système nerveux

L’olivier de Bohême, couramment consommé en Iran et Asie centrale, reste encore à être étudié mais la bibliographie existante met en avant de nombreux bénéfices.

+ d’infos ici

Agave d’Amérique (Agave americana)

Ragondin (Myocastor coypus)

Les ragondins peuvent causer des déséquilibres écologiques significatifs en creusant des terriers qui affaiblissent les berges et en détruisant la végétation aquatique. En contrôlant leur population, nous aidons à protéger les habitats naturels et à maintenir l’équilibre écologique.

Principalement dans les zones humides, les étangs, les rivières et les marais

Les observations et les actions de prélèvement peuvent être menées tout au long de l’année.

Écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii)

Les Écrevisses de Louisiane peuvent causer des déséquilibres écologiques en creusant des terriers qui endommagent les berges et en prédatant les espèces locales. En contrôlant leur population, nous aidons à protéger les habitats aquatiques et à maintenir l’équilibre écologique.

Principalement dans les zones humides, les étangs, les rivières et les marais

On ne consomme que son corps et sa queue, ses pattes ne contiennent pas assez de chair.

L’astuce anti-gaspi : une fois la chair consommée, la carapace préalablement broyée peut servir à aromatiser un court-bouillon, une bisque ou du beurre !

Les observations et les actions de prélèvement peuvent légalement être menées tout au long de l’année.

Toutefois, la période d’activité optimale est de mai à octobre

Observations citoyennes

Avant d’être cuisinées, les espèces envahissantes ont besoin d’être trouvées ! Nous lançons une initiative d’observation participative sur l’ensemble du bassin de Thau pour recenser leur localisation, comprendre leur écologie et ainsi organiser des animations de récolte et cuisine… Pour cela, nous avons besoin de vous et ça ne prendra que 3 étapes :

Participez à notre enquête : votre avis est VITAL !

Nous avons besoin de vous pour mieux comprendre vos perceptions, vos habitudes, et vos idées sur ces espèces. Que vous soyez un citoyen curieux, un gourmet aventurier ou un professionnel du secteur alimentaire, votre avis est précieux pour enrichir notre réflexion et orienter les prochaines étapes du projet.

Comment participer ?

Cliquez sur le lien pour accéder au questionnaire : Répondre au questionnaire

  • Seulement 6 à 8 minutes pour répondre à quelques questions.
  • Partagez-le autour de vous (famille, amis, collègues…) !

Cette étude vous intéresse ?

Vous souhaitez nous rejoindre pour participer à l’expérimentation ou pour organiser un événement sur votre territoire? Contactez-nous!

Les partenaires du projet